Légendes

Diverses légendes locales

La légende de la vallée des « Hommes Peillus » de Goven

Connue de tous à Goven, cette fameuse vallée garde jalousement en elle les secrets de ses origines. Qui pouvaient être ces « hommes peillus « ?

Dans la moyenne vallée de la Vilaine, vers St Malo de Phily, à 20kms environ de notre bourgade, les traces du peuplement humain le plus ancien de l'Ille et Vilaine ont été reconnues.

Voilà donc plusieurs centaines de milliers d'années, tout le pays était tissé d'une immense forêt vierge où les animaux profitaient d'une entière liberté.

Les premiers hommes, incapables de progresser dans ce fouillis, avancèrent en longeant sans doute le cours de la Vilaine et s'installèrent donc d'abord aux limites naturelles de la commune. Après quoi, par suite du surpeuplement ou des conflits dans les tribus, des équipes se détachèrent et réussirent vraisemblablement à gagner les vallées de « Jeux » et de « Tresby » et à atteindre peut-être « Lampâtre ». La vallée au fond de laquelle coule le ruisseau qui prend sa source dans l'étang de la Roche et se jette dans le Meu, a pu aussi être une bonne voie de pénétration.

Ces hommes-chasseurs faisaient halte dans les clairières où ils pouvaient nourrir leurs animaux. Cependant ? ils recherchaient surtout les sources et la proximité des cours d'eau ou des étangs car la pêche était un des moyens de survie. Vivant à l'ombre des grands bois, ces hommes se satisfaisaient de modestes tentes couvertes de peaux de bêtes et de branchages. Sur les petits plateaux qui bordent le ruisseau de « Jeux », de belles clairières s'offraient à eux.

C'est alors qu'une période de froid intense modifia tout : les peaux de bêtes dont se vêtaient ces lointains ancêtres et qui couvraient leur fragile demeure, n'étaient plus adaptées. Ils trouvèrent alors refuge dans des vallées encaissées, où des falaises abruptes, des rochers et des cavernes permettaient de mieux lutter avec ces rudes conditions climatiques. Ainsi ont-ils pu établir leurs campements dans la vallée située entre « Jeux » et le « Bois Martin ».

Telle est, peut-être l'origine de cette vallée des hommes peillus (vallée des hommes vêtus de peaux de bêtes, donc poilus). Une des cavernes, aujourd'hui comblée par des alluvions, est encore visible. De plus, trois parcelles de terre sont recensées au cadastre sous le nom « d'Hommes Peillus »

Lieu teinté de mystère ou de frayeur, la Vallée des Hommes Peillus, reste un lieu de promenade privilégié … de jour, car selon la légende, les « Hommes Peillus » reviennent encore la nuit !

Les légendes de la chapelle de l'Hermitage

La Chapelle de lErmitage


La statue de Sainte Anne

On eut un jour la malencontreuse idée de remplacer une vieille statue de Sainte Anne qui se trouvait dans la chapelle à la place d'honneur, par une statue neuve.La vieille image de la sainte fut mise dehors, dans une niche pratiquée à cet effet au-dessus de la porte d'entrée. Durant près de trois mois, il ne tomba pas une goutte d'eau et les récoltes allaient être compromises. C'était à n'en pas douter une vengeance de la sainte. On en referra au curé, disant que le mécontentement était la cause d'une telle sécheresse. Après maintes hésitations, il accéda au désir des paroissiens ; on alla en grande pompe remettre à sa place la vieille statue. A peine y était-elle que le ciel se chargea brusquement de nuages et la pluie se mit à tomber en abondance. Ce fut un véritable déluge pendant le reste de la journée …

Si la sainte tient à occuper la première place dans la chapelle, à plus forte raison ne veut-elle pas que l'on transporte ailleurs son image. En des temps dejà lointains, la chapelle tombant en ruines, on vint en procession la prendre et on la porta dans l'église de Saint-Thurial. Le lendemain matin, on la retrouva à sa place. Elle y était revenue seule pendant la nuit, ajoutent les gens du pays, d'un air absolument convaincu…

Sainte Anne est particulièrement honorée à Goven, des vieillards surtout, qui lui attribuent un grand pouvoir. Il arrive fréquemment que de forts orages, s'accumulant au-dessus de la chapelle de l'Hermitage, soient, dit-on, dispersés miraculeusement par la Sainte qui récompense ainsi les paroissiens de leur fidélité…

Le vieil ermite

« On raconte qu'un vieil ermite habitait jadis près de l'endroit où s'élève actuellement la Chapelle de l'Hermitage. Par une année de grande sécheresse, il dutaller chercher son eau à plusieurs kilomètres de là. Le pauvre ermite était faible. Un jour qu'il rapportait à grand'peine sa cruche pleine d'eau, il rencontra un enfant auquel il demanda de l'aider. Le garçon d'un air aimable lui dit : « Je n'ai pas le temps mais je connais un moyen pour diminuer le pooids de votre fardeau » Il prit la cruche et après s'être bien désaltéré, il en répandit à terre le contenu. Puis s'asseyant sur l'ouverture du vase, il dit avec un rire moqueur : « Voilà le moyen ! » A peineavait-il prononcé ces paroles insolentes, qu'une épaisse fumée se dégagea du sol et il sentit qu'il s'enfonçait dans la cruche.

Puis tout à coup, le sorcier le plus redouté de tout le pays, apparut au milieu de la fumée. « Méchant gamin, dit-il avec indignation, pour te punir, tu resteras pris dans cette cruche tout le temps qu'il me plaira ; quand je jugerai la punition suffisante, je viendrai te dégager » Ayant dit ces mots, le sorcier disparut. L'enfant pleurait à chaudes larmes. La tête, les bras et les jambes seulement sortaient de la cruche. Ainsi pris, il ne réussit qu'après de longs efforts à faire basculer la cruche et reprit le chemin du retour, en marchant sur les mains et sur les pieds. Il était nuit lorsqu'il arriva au Bois de la Hayrie qu'il lui fallait traverser pour rejoindre le logis paternel. Il tremblait de frayeur en songeant aux loups et aux sangliers qui pullulaient alors dans ces parages.Le sorcier apparut à ce moment dans un second nuage de fumée. Jugeant la punition suffisante, il permit au méchant garçon de se dégager à condition de creuser, dès le lendemain matin, une fontaine près de l'habitation du vieil ermite. Dès l'aube, le coupable se mit au travail et creusa la fontaine avec le plus grand soin. On la voyait jadis à l'emplacement du lavoir actuel, situé près de la chapelle. D'après les anciens, qui l'ont vu dans leur jeunesse, elle fournissait une eau abondante et merveilleusement limpide. Elle ne tarissait jamais …

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